Littérature -.

Roman

Les Éditions Noir sur Blanc

18,00
Conseillé par (Libraire)
9 août 2020

Le feu!

Marguerite, dite « Rita », est une jeune fille noire, mère à 16ans. Elle doit travailler pour subvenir à ses besoins et ceux de son fils. Elle vit chez sa mère avec son frère, Bailey, un jeune homme qui a réussi à obtenir un poste stable à la société des chemins de fer. Il est amoureux d'Eunice, une jeune femme à la santé fragile. Dans ce roman, largement inspiré de la vie de l'autrice, on va suivre Rita, pendant 3ans, de petits boulots en petits boulots : cuisinière, propriétaire d'une maison de passe où officie un couple de lesbiennes, employée d'une maison de passe elle-même par amour pour un « papa » qui joue tout l'argent qu'elle rapporte aux jeux, danseuse dans un numéro de claquettes... Cette grande femme noire au port de tête altier reste une jeune fille avant tout et rêve d'un amoureux et d'un métier plus intéressant que ceux à quoi on la ramène sans cesse. Car en filigrane c'est toute la violence et l'hypocrisie de la société américaine vis à vis des noirs qui sont ici racontées. Derrière cette chronique légère, l'engagement de Maya Angelou est toujours présent et sa voix toujours aussi juste et forte pour dénoncer ces inégalités.

Les Éditions Noir sur Blanc

22,00
Conseillé par (Libraire)
9 août 2020

Secrets bien gardés

Dans ce premier traduit du roumain, on va suivre l'histoire de deux familles. Tout d'abord les Bernstein, des juifs américains, dans les années 90, spécialisés dans le commerce du « vintage » de la seconde main, un marché juteux en période de crise et surtout avec un fort potentiel à l'export. Ils emploient une femme pour s'occuper du marché roumain, elle devient l'épouse du fils de cette famille tenue d'une main de maître par une matriarche, Dora, au caractère intransigeant. Sur le vieux continent, les Oxenberg dont le patriarche, Jacques, est un obstétricien juif roumain, spécialisé dans les césariennes, qui a accouché de nombreuses femmes de la haute société catholique au moment où éclate la 2nde Guerre Mondiale. On perd la trace de Jacques et sa famille avec le pogrom de Iasi en 1941. Quelle histoire, quel destin, réunit ces deux familles à 50ans d'intervalle ? Un secret du passé enfoui, caché par les apparences et qui resurgi lorsque la belle-fille de Dora commence à s'intéresser de près à ce pogrom. Un roman doux-amer, toujours sur le fil, entre le rire et le désespoir propre à l'humour juif. Derrière le côté parfois léger, une tragédie forte et émouvante qui mérite d'être lue, connue.

Une fable écoféministe ou la tragédie contemporaine côtoie l'espoir le plus fou

HarperCollins

Conseillé par (Libraire)
9 août 2020

La vie façon puzzle

Une jeune femme quitte l'hôpital après plusieurs mois et des souvenirs troubles, confus, fuyants, voire inexistants. Une amnésie qui la plonge tout d'abord dans un profond désarroi, elle ne parle plus, les mots l'ayant quittée eux aussi. Heureusement, dans cette quête pour reprendre pieds, elle sait qu'elle peut compter sur un ami, Camille, qu'elle appelle K. Cependant, malgré cette envie pressante de retrouver ses souvenirs et les mots pour s'exprimer, elle souhaite parcourir ce chemin de croix sans aide et demande à Camille de ne rien lui dévoiler de ce qui lui est arrivé jusque là. Durant ce parcours chaotique, elle croisera la route de plusieurs personnes qui chacune à leur manière vont lui remettre les pieds sur terre, Jean-François et Béatrice, Wajdi, et ce petit garçon, le fils de K. : Aurélien. La seule certitude qu'elle ressent parfois, résurgence du passé qui démange, c'est une colère, qu'elle sent lié à un engagement, tourné vers l'écologie. Car la narratrice, comme l'autrice de ce premier roman remarquable, sont des femmes tournées vers le vivant, des écoféministes, à la recherche de mots pour soigner les maux intimes et ceux de la Terre.

Lou Darsan

Contre-Allée

15,00
Conseillé par (Libraire)
9 août 2020

Évanescence littéraire

Une femme, jamais nommée, quitte sa vie, son compagnon, cette relation à laquelle elle était devenue étrangère, cette vie d'ennui repoussant sans cesse le moment où elle serait en sa présence chez eux. Elle part avec peu, voyage, traverse des villes, des villages, des paysages. Au fur et à mesure de cette errance, elle se déleste de ses objets, de ses vêtements, de ses certitudes, ses hantises, ses obsessions et de tout ce qui la définit socialement. Elle vit à la marge, se nourrit lorsqu'elle peut, de restes, dort dans des ruines ou à la belle étoile. Plus elle se déleste de ces attributs sociaux, plus elle fait attention à ses sensations, au monde qui l'entoure, plus elle essaie d'accorder son rythme à son environnement, un dialogue, une porosité avec le macrocosme. Cette fuite, ce mouvement fragile, devient une énergie folle. Elle redécouvre son être loin de tout.Un premier roman philosophique, métaphysique, poétique, un acte de littérature pure, un voyage surprenant !

16,50
Conseillé par (Libraire)
9 août 2020

Sur la plage abandonnée...

Un été en Normandie, le narrateur, un garçon de 10ans, passe ses vacances chez sa grand-mère, chez qui vit aussi sa tante « folle ». Un jour, à la plage, il rencontre Baptiste, un garçon de son âge, à la famille, en apparence parfaite. Une amitié forte se noue entre eux. Mais dès le départ, le narrateur ressent une sorte de gêne, de honte, la peur d'être jugé pour sa famille bancale, et une blessure enfouie qu'il a du mal à confesser. Au-delà de la chronique estivale, ce premier roman nous replonge dans cet état d'enfance entre nostalgie lumineuse, tendre mélancolie et cruelle lucidité. Il questionne toute ces barrières qu'on s'inflige soi-même, toutes ces hontes qui nous empêchent d'avancer, d'être nous-même pleinement. Ce roman à hauteur d'enfant a l'intelligence de ne jamais en singer le vocabulaire ou les attitudes. Un premier roman éblouissant de maîtrise et de poésie, de justesse et de beauté.