"L'incontournable" du mois

Mars : Cédric Demangeot

Né en 1974, disparu le 28 janvier 2021, Cédric Demangeot s'est obstiné sans trop savoir pourquoi, dans un
monde qui n'en demande pas tant, à publier des livres de poésie.
Fondateur de la revue moriturus et des éditions fissile, le travail de Cédric Demangeot est large jusqu’à la
traduction : Leopoldo Maria Panero, Miroslav Salava ou encore Bohdan Chlíbec.
« De tous les poètes contemporains, vivants, brûlants, c'est sans doute celui qui m'a fait la plus forte
impression. Écrivant cela, j'aimerais que cette formule, si convenue – la plus forte impression – puisse être
entendue comme pour la première fois, dans sa précision sensible : la plus forte impression. Une marque, telle
que très peu d'écrivains sont en mesure de laisser, sur la mémoire, la préhension de la langue, l'irritabilité du
corps. Le sentiment de reconnaître, dès les premières avancées dans son œuvre, une sorte de double, d'écho,
et cette sensation qu'un autre écrit ce que vous auriez dû écrire, l'écrit pour vous, et en quelque sorte, malgré
lui, avec vous (…)
Poésie sans concession, qui prend en charge la scission du moi, son déséquilibre, son incessante tauromachie
avec le langage, poésie affranchie des tâtonnements formels, suffisamment fluide pour investir la prose, la
maxime décalée, le vers brisé. Poésie en dialogue frontal avec la mort, en résonance profonde avec les
"suppôts et supplications" d'Artaud, poésie des heurts et ruptures sonores, capable aussi bien du limpide, de
l'écorché que du ramdam des organes » Claro, in Le Clavier Cannibale.




Chlíbec Bohdan

Fissile