El Ultimo lector

David Toscana

Zulma

  • par (Libraire)
    16 août 2021

    L'incontournable du mois de Septembre

    L'incontournable du mois de septembre:

    Dans la veine d'un Borgès ou d'un Manguel, une enquête teintée de réalisme magique dans un petit village mexicain, entre roman noir et philosophique, drôle et passionnant.
    Une pépite à découvrir absolument !
    Un auteur parmi les plus talentueux de sa génération.
    Publié par les éditions Zulma, dont la qualité des choix éditoriaux et des traductions ne sont plus à prouver.

    Aurélie


  • 15 octobre 2014

    Perdu dans le désert mexicain, le petit village d'Icamole subit une sécheresse sans précédent. Les habitants sont tributaires des allers-retours quotidiens que Melquisedec effectue vers Villa de Garcia, la ville voisine, pour y chercher l'eau dans de grands bidons. Seul Remigio conserve encore secrètement quelques centimètres d'eau au fond de son puits. Grâce au précieux liquide, il peut sortir le visage frais et propre quand tous sont poussiéreux, et aussi arroser son avocatier aux fruits si doux. Pourtant, un événement tragique va le faire renoncer à son privilège de manière précipitée le jour où il trouve le cadavre d'une fillette dans son puits. Ne sachant que faire du corps, il va voir son père Lucio, le bibliothécaire du village. L'homme vit seul au milieu des livres, ceux qu'il aime et qui méritent de garnir ses étagères, et ceux qui, jugés indignes, vont en ''enfer'', condamnés à être rongés par les cafards. C'est dans les livres que Lucio trouve une explication à toutes les situations de la vie et pour lui la petite morte ne peut qu'être Babette, l'héroïne de La mort de Babette, un de ses livres français préférés...

    Roman foisonnant dans la ligne directe du réalisme magique des lettres d'Amérique latine, El ultimo lector est une immersion dans la folie douce d'un village mexicain. Si le départ a des allures de polar avec la découverte d'un corps et donc d'un meurtre, la suite prend une toute autre direction. Qui a tué et pourquoi deviennent des questions secondaires devant les actes et les mots de Lucio et son fils qui ne prennent pas toujours les décisions les plus raisonnables mais se laissent portés par la littérature. Pour le bibliothécaire privé de salaire depuis que le gouvernement a décidé de fermer son officine, faute de lecteurs à Icamole, la vie se trouve au cœur des pages écrites par les auteurs, les vrais, de préférence français ou russes, qui seuls savent comment décrire les évènements passés, présents et futurs. Dans ce village où eu lieu une grande bataille dont l'histoire a été revue et corrigée au fils du temps, la fiction et la réalité s'entremêlent au point qu'il est difficile de les différencier. Le lecteur peut s'y perdre lui aussi, d'autant que David TOSCANA aime à le perdre en gommant la ponctuation propre aux dialogues et en passant allègrement de son récit à la citation d'un extrait de l'oeuvre que lit Lucio. Mais on aime être déboussolé et promené dans ce monde romanesque où tout est littérature. S'échapper du réel est bien le désir du lecteur et cela prend ici tout son sens. La vie est littérature, l'Histoire est littérature, le monde est littérature, l'imaginaire prend le dessus sur la littérature et c'est tout simplement magique. Lucio, le dernier lecteur, et sa conception personnelle de ce qui fait un bon livre saura transmettre son amour des livres à son fils qui jusque là s'en désintéressait totalement. Gageons qu'il saura aussi guider ses lecteurs dans le labyrinthe fantasque de son créateur. Une mise en abîme originale aux qualités indéniables, un roman à découvrir.


  • par (Libraire)
    22 mai 2013

    Une enquête littéraire

    Le dernier lecteur c’est le vieux Lucío, le gardien de la bibliothèque d’un village désert du nord du Mexique, fermée par le gouvernement faute de fréquentation. Quand son fils découvre le corps d’une fillette au fond d’un puits, c’est naturellement dans les livres, qu’il continue de lire et classer, que Lucío va chercher une explication à cette énigme. Démarre alors une enquête littéraire, une allégorie sur le pouvoir de la lecture, dans la tradition du « Réalisme-Magique » hispano-américain.


  • 3 mai 2013

    La fiction plus réelle que la vie?

    Ici, à Icamole, un petit village perdu dans le nord du Mexique, cela fait bien longtemps que l’Etat a officiellement fermé la bibliothèque, pour la simple raison qu’il n’y a pas assez de lecteurs. Qu’importe. Lucio, le bibliothécaire, continue à s’en occuper. Même s’il doit être le dernier lecteur.

    Il passe donc ses journées à ouvrir des caisses de livres, à lire, à ranger les romans sur les étagères, à frapper d’un tampon rageur ceux qui, selon lui, doivent être censurés, parce que trop mauvais. Lucio est un veuf solitaire qui ne plaisante pas avec la littérature. Et quand un visiteur le dérange dans ses lectures, il grogne.

    Lorsque son fils Remigio vient lui annoncer qu’il a trouvé le corps d’une fillette inconnue noyée dans le puits, Lucio se tourne vers les rayonnages : la réponse à cette découverte aussi terrible qu’énigmatique est forcément dans les livres. Cette mystérieuse fillette, à l’étonnante beauté, est probablement l’héroïne échappée d’un roman.

    Lucio cherche. La police, dont l’enquête piétine, vient lui demander conseil. La mère de la fillette, intriguée, le consulte également. Lucio tient à son idée. La vérité est dans les livres. C’est la fiction qui nous enseigne le réel. C’est en lisant des romans que nous comprendrons le monde qui nous entoure, jusqu’aux faits les plus troublants.

    " El último lector ", roman d’une étrange beauté qui nous emporte dans un Mexique brulé et pauvre régénéré par la littérature, a été en 2009 le premier texte de David Toscana à être traduit en français, suivi de " Un train pour Tula " en 2010 et " L’armée illuminée " en 2012. Immédiatement, il a emballé la critique et le jury du prix Antonin Artaud France Mexique. On est séduit par son humour, quand Lucio se souvient d’un congrès de bibliothécaires où est posée la question du sperme retrouvé sur les romans érotiques. Doit-on considérer qu’il s’agit d’une « partie intégrante de l’utilisation des livres » ? Ou doit-on doit faire payer au lecteur l’exemplaire endommagé ? Le débat est clos lorsque quelqu’un remarque qu’on ne peut demander à une dame de ne pas tremper de larmes un roman d’amour. Et on est touché quand ce texte nous fait réfléchir au rôle de la littérature sous nos latitudes. Comment ne pas être ému quand Lucio écrit une lettre furieuse aux autorités, leur reprochant la fermeture de sa bibliothèque : « Si l’eau est d’autant plus nécessaire en plein désert, comme la médecine l’est à la maladie, les livres sont d’autant plus indispensables là où personne ne lit ».

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