On ne se baigne pas dans la Loire

Guillaume Nail

Denoël

  • Conseillé par (Libraire)
    11 février 2023

    Une découverte!

    Guillaume Nail nous fait passer une dernière journée de colonie de vacances. Il fait chaud, tout le monde veut profiter de ces derniers instants avant de se séparer. On y découvre Benoit, Pauline, Pierre, Totof, Gus mais aussi la Loire dangereuse et imprévisible.
    On ressent une tension permanente à la lecture de cette histoire, on a l'impression de connaitre ces personnages, cette jeunesse magnifique et pleine de failles ..
    Cécile


  • Conseillé par
    7 juin 2023

    Coeur canif

    Des bêtises de gosses, des responsabilités d'adultes et des sentiments qui débordent, comme les fleuves parfois. Pour le dernier jour de la colo', on assiste à un triste enchaînement, en spectateur d'une logique de groupe, d'un magma d'individualités. Grâce à une belle écriture en trébuchements et un dispositif à plusieurs voix, on plonge dans les sables mouvants de l'innocence supposée de la jeunesse et de la construction heurtée d'hommes en devenir. Et la mélancolie qui remplit les poumons de celles et ceux pour qui grandir, disent-ils.


  • Conseillé par
    29 mars 2023

    Très beau texte de Guillaume Nail dont c'est le premier roman pour le public adulte, même s'il met en scène des adolescents et de jeunes adultes. Il parvient avec tact et finesse à se couler dans les peaux des jeunes gens aux caractères si différents, entre Gus l'extraverti et Pierre le timide mal dans sa peau et son corps trop gros. C'est très bien fait parce que tout paraît joué dès le départ, mais à petites touches, doucement, l'auteur fait naître une autre réalité, la vraie si je puis me permettre ce pléonasme. La vie est souvent autre chose que ce que l'on veut bien montrer. La Loire elle-même, ce fleuve qui semble lui-même si lent, si indolent mais dont il faut se méfier. Elle rythme et sculpte les paysages, même dans les villes où elle ne se laisse pas domestiquer. Tous les Ligériens vous le diront.

    Court chapitres ou les narrateurs alternent et se révèlent, gambergent. Certains veulent oublier ce qui les attend à leur retour, ces deux mois furent une pause, une bouffée d'air, alors il faut en profiter jusqu'au bout. Et la tension monte parce qu'on sent le proche drame, mais que l'auteur tarde à le narrer, il raconte le contexte, les petits incidents, les tracas... et nous-mêmes, lecteurs, de ne point aller trop vite pour ressentir encore plus vivement cette tension.

    J'aime beaucoup l'écriture de Guillaume Nail, moderne, rapide, phrases courtes, nominales parfois, lorsqu'il dialogue ou décrit un jeune. De belles phrases plus longues pour des descriptions de lieux ou de situations, avec des mots rares, comme celles qui ouvrent le roman :

    "On le sait pourtant.

    Héritée de nos mères, de nos pères, c'est la rumeur qui coule dans nos gènes et infuse, sur les pentes des coteaux comme aux plaines du Maine, des berges de l'Authlon en corniche angevine, alluvions et roseaux, bras morts et plein lit, c'est cette rengaine avide, bruit lancinant qui attend, au crépuscule là-bas, vers l'estuaire, un monde." (p.9)