Les îles aux pins

Marion Poschmann

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  • 2 mars 2019

    Matsushima ya 

    aa Matsushima ya 

    Matsushima ya

    Si vous êtes intrigué(e) par ce haïku , sachez que vous le serez encore bien plus en prenant la direction de Matsushima , la baie des îles aux pins, dont la beauté laisse le poète sans voix. Pour y arriver il vous faudra tailler la route en compagnie de Gilbert et Yosa, deux drôles d'acolytes. L'un veut se détourner du monde, l'autre veut le quitter.
    Gilbert, un universitaire berlinois, utilise le prétexte d'un cauchemar pour larguer les amarres et s'envoler tel une feuille morte vers le Japon qu'il a manifestement choisi au hasard . A l'aéroport il achète le célèbre classique japonais sur le pèlerinage du poète Matsuo Basho qui lui servira de guide touristique.
    Yosa est un étudiant japonais totalement désespéré à la recherche du meilleur endroit pour mettre fin à ses jours. Son guide à lui recense les lieux de suicide les plus populaires du pays.
    Les deux hommes se rencontrent à Tokyo et c'est ensemble qu'ils entament un voyage insolite sur les traces d'un poète disparu depuis 300 ans.

    Avec ce roman il ne faut pas s'attendre à un récit de voyage classique. Marion Poschmann mêle à la découverte de certains aspects de la culture nippone des considérations botaniques et des réflexions philosophiques sur la pilosité masculine, le tout saupoudré de poésie.Tout ce qui concerne les contingences matérielles est gommé comme par magie.
    De prime abord le sens de tout ça n'apparaît pas clairement. Pour moi il est resté totalement obscur, ce qui ne m'a pas empêchée d'apprécier la grande beauté du langage et surtout l'humour de ce texte. Le regard d'un européen face aux particularités d'une culture à laquelle il ne connait strictement rien donne lieu à des des scènes merveilleusement comiques. Les réactions de Gilbert devant ce monde raffiné donne l'image d'un vrai rustaud. Peu attiré par les beautés naturelles, il aurait même tendance à trouver tout ce qu'il découvre sans grand intérêt, voire moche. Mais en en prenant l'étroit sentier de la poésie, s'il n'atteint pas le satori, une petite fenêtre s'ouvre quand même dans son esprit...

    En compagnie de Gilbert j'ai bien ri et je me suis un peu ennuyée avec ses histoires de barbe qui ont fini par franchement me barber. ☺ Ce petit voyage au pays du soleil levant ne m'a pas déplu. Il faudrait que j'y retourne !